POESÍA TRADUCIDA AL ESPAÑOL 

POEMAS DE VICTOR HUGO Investigación:

Mariano Cuevas

 

VÍCTOR HUGO

 

Victor Hugo. (Besançon, Francia, 1802 - París, 1885) Poeta, dramaturgo y novelista francés considerado el máximo exponente del Romanticismo en su país. Su vocación literaria fue precoz. En el año 1816 escribió en un cuaderno escolar: «Quiero ser Chateaubriand o nada». En 1819 fundó la revista Le Conservateur littéraire, junto con sus hermanos Abel y Eugène. Tuvo una activa participación en la política de su país por lo que en 1851 tuvo que exiliarse en Bélgica. En 1852 se instaló, con su familia, en Jersey (Reino Unido). Regresó a su país en 1870, tras la caída de Napoleón III y cuandoi decepcionado de la política se retiró de la vida pública se instaló definitivamente en Hauteville-House.Entre sus libros pueden destacarse Cromwell (1827), Último día de un condenado a muerte (1829), Nuestra Señora de París (1831), Los Miserables (1862) y El hombre que ríe (1869). Es considerado como uno de los mayores poetas franceses. Autores como Baudelaire, Rimbaud e incluso Mallarmé y los surrealistas no pueden negar la influencia de Víctor Hugo en sus escritos.  

L'homme et la femme

L'homme est la plus élevée des créatures;

la femme est le plus sublime des idéaux.

Dieu a fait pour l'homme un trône;
pour la femme un autel.
Le trône exalte; l'autel sanctifie.

L'homme est le cerveau,
la femme le coeur.
Le cerveau fabrique la lumière; le coeur produit l'Amour.
La lumière féconde; l'Amour ressuscite.

L'homme est fort par la raison;
la femme est invincible par les larmes.
La raison convainc;
les larmes émeuvent.

L'homme est capable de tous les héroïsmes;
la femme de tous les martyres.
L'héroïsme ennoblit;
le martyre sublime.

L'homme a la suprématie;
la femme la préférence.
La suprématie signifie la force ;
la préférence représente le droit.

L'homme est un génie,
la femme un ange.
Le génie est incommensurable;
l'ange indéfinissable.

L'aspiration de l'homme, c'est la suprême gloire;
l'aspiration de la femme, c'est l'extrême vertu.
La gloire fait tout ce qui est grand;
la vertu fait tout ce qui est divin.

L'homme est un Code;
la femme un Evangile.
Le Code corrige;
l'Evangile parfait
.
L'homme pense;
la femme songe.
Penser, c'est avoir dans le crâne une larve;
songer, c'est avoir sur le front une auréole.

L'homme est un océan;
la femme est un lac.
L'Océan a la perle qui orne;
le lac, la poésie qui éclaire.

L'homme est un aigle qui vole;
la femme est le rossignol qui chante.
Voler, c'est dominer l'espace;
chanter, c'est conquérir l'Ame.

L'homme est un Temple;
la femme est le Sanctuaire.
Devant le Temple nous nous découvrons;
devant le Sanctuaire nous nous agenouillons.

Enfin: l'homme est placé où finit la terre;
la femme où commence le ciel ».

 

El hombre y la mujer

El hombre es la más elevada de las criaturas..
la mujer es el más sublime de los ideales..

Dios hizo para el hombre un trono:
para la mujer un altar.
El trono exalta;
el altar santifica.

El hombre es cerebro..
la mujer es corazón..
el cerebro fabrica la luz, el corazón el amor
la luz fecunda, el amor resucita.

El hombre es fuerte por la razón
la mujer es fuerte por las lagrimas
la razón convence
las lagrimas conmueven..

El hombre es capaz de todos los heroísmos
la mujer de todos los martirios
el heroísmo ennoblece
el martirio sublima..

El hombre tiene la supremacía;
la mujer la preferencia
la supremacía significa la fuerza;
la preferencia respresenta el derecho.

El hombre es un genio,
la mujer un ángel.
El genio es inconmensurable;
El ángel indefinible.

La aspiración del hombre, es la suprema gloria;
la aspiración de la mujer, es la extrema virtud.
La gloria hace todo lo que es grande;
La virtud hace todo lo que es divino.

El hombre es código
la mujer es evangelio
el código corrige
el evangelio perfecciona..

El hombre piensa
la mujer sueña
el pensar es tener en el cráneo una larva
soñar es tener en la frente una aureola..

El hombre es un océano;
la mujer es un lago.
El océano tiene la perla que adorna;
El lago, la poesía que enciende.

El hombre es el águila que vuela
la mujer es el ruiseñor que canta
volar es dominar el espacio
cantar el conquistar el alma..

El hombre es un Templo;
la mujer es el Santuario.
Delante del Templo nos descubrimos
Delante del Santuario nos arrodillamos.

En fin! el hombre está colocado donde termina la tierra..
la mujer, donde comienza el cielo.

 

Les crucifiés

 La foule tient pour vrai ce qu'invente la haine.

Sur tout grand homme un ver, le mensonge, se traîne.
Tout front ceint de rayons est d'épines mordu ;
A la lèvre d'un dieu le fiel atroce est dû ;
Tout astre a pour manteau les ténèbres infâmes.
Ecoutez. Phidias était marchand de femmes,
Socrate avait un vice auquel son nom resta,
Horace ami des boucs faisait frémir Vesta,
Caton jetait un nègre esclave à la lamproie,
Michel-Ange, amoureux de l'or, homme de proie,
Vivait sous le bâton des papes, lui Romain,
Et leur tendait le dos en leur tendant la main ;
Dans l'oeil de Dante errant la cupidité brille ;
Molière était un peu le mari de sa fille ;
Voltaire était avare et Diderot vénal ;
Devant le genre humain, orageux tribunal,
Pas un homme qu'on n'ait puni de son génie ;
Pas un qu'on n'ait cloué sur une calomnie ;
Pas un, des temps anciens comme de maintenant,
Qui sur le Golgotha de la gloire saignant,
Une auréole au front, ne pende à la croix vile ;
Et les uns ont Caïphe et les autres Zoïle.

 

Los crucificados

EL vulgo aplaude cuanto inventa el odio,
y en tanto que desgarra su laurel
al férvido Aristógiton, de Harmodio
la gloria mancha con amarga hiel.
En sus iras tan sólo ver anhela
de la ignominia en afrentosa cruz
a cuanto no se arrastra, a cuanto vuela,
a cuanto no es mentira, a cuanto es luz.
Acusa a Fidias de vender mujeres,
al gran Epaminondas de traidor;
a Sócrates de darse a los placeres;
a Aristides, el justo, de impostor.
A Catón, de arrojar á las murenas
sus míseros esclavos; a Colón,
que al indio libre le forjó cadenas...
¡cadenas que llevó en el corazón!
De avaro a Miguel Angel; al divino
entre todos los genios, Rafael,
de vender como torpe libertino,
por impúdicos besos su pincel.
Incestuoso Molier; felón el Dante;
Voltaire ateo; Diderot venal;
¡para todos la sátira infamante;
para todos el látigo infernal!
¿A cuál mártir, apóstol o profeta,
a qué artista, guerrero o trovador
no le ha arrancado la mordaz saeta
de la calumnia, un grito de dolor?
¡Uno solo se encuentra inmaculado
de infamias tántas en el gran festín;
uno solo no está crucificado
por las humanas víboras-Caín!

Versión de R. M. De Mendive

 

Lazzara

Comme elle court ! voyez : - par les poudreux sentiers,
Par les gazons tout pleins de touffes d'églantiers,
Par les blés où le pavot brille,
Par les chemins perdus, par les chemins frayés,
Par les monts, par les bois, par les plaines, voyez
Comme elle court, la jeune fille !

Elle est grande, elle est svelte, et quand, d'un pas joyeux,
Sa corbeille de fleurs sur la tête, à nos yeux
Elle apparaît vive et folâtre,
A voir sur son beau front s'arrondir ses bras blancs,
On croirait voir de loin, dans nos temples croulants,
Une amphore aux anses d'albâtre.

Elle est jeune et rieuse, et chante sa chanson,
Et, pieds nus, près du lac, de buisson en buisson,
Poursuit les vertes demoiselles.
Elle lève sa robe et passe les ruisseaux.
Elle va, court, s'arrête et vole, et les oiseaux
Pour ses pieds donneraient leurs ailes.

Quand, le soir, pour la danse on va se réunir,
A l'heure où l'on entend lentement revenir
Les grelots du troupeau qui bêle,
Sans chercher quels atours à ses traits conviendront,
Elle arrive, et la fleur qu'elle attache à son front
Nous semble toujours la plus belle.

Certes, le vieux Omer, pacha de Négrepont,
Pour elle eût tout donné, vaisseaux à triple pont,
Foudroyantes artilleries,
Harnois de ses chevaux, toisons de ses brebis,
Et son rouge turban de soie, et ses habits
Tout ruisselants de pierreries ;

Et ses lourds pistolets, ses tromblons évasés,
Et leurs pommeaux d'argent par sa main rude usés,
Et ses sonores espingoles,
Et son courbe damas, et, don plus riche encor,
La grande peau de tigre où pend son carquois d'or,
Hérissé de flèches mogoles.

Il eût donné sa housse et son large étrier ;
Donné tous ses trésors avec le trésorier ;
Donné ses trois cents concubines ;
Donné ses chiens de chasse aux colliers de vermeil ;
Donné ses albanais, brûlés par le soleil,
vec leurs longues carabines.

Il eût donné les Francs, les Juifs et leur rabbin ;
Son kiosque rouge et vert, et ses salles de bain
Aux grands pavés de mosaïque ;
Sa haute citadelle aux créneaux anguleux ;
Et sa maison d'été qui se mire aux flots bleus
D'un golfe de Cyrénaïque.

Tout ! jusqu'au cheval blanc, qu'il élève au sérail,
Dont la sueur à flots argente le poitrail ;
Jusqu'au frein que l'or damasquine ;
Jusqu'à cette espagnole, envoi du dey d'Alger,
Qui soulève, en dansant son fandango léger,
Les plis brodés de sa basquine !

Ce n'est point un pacha, c'est un klephte à l'oeil noir
Qui l'a prise, et qui n'a rien donné pour l'avoir ;
Car la pauvreté l'accompagne ;
Un klephte a pour tous biens l'air du ciel, l'eau des puits,
Un bon fusil bronzé par la fumée, et puis
La liberté sur la montagne.

 

Lázara

¡Mirad, mirad cómo corre! ¡Por las sendas empolvadas,
por los céspedes floridos, llenos de espinosas zarzas,
por las mieses donde brillan las amapolas de grana,
por el escabroso atajo, por la vereda trillada,
por las selvas, por los prados, por las ásperas montañas,
mirad, mirad cómo corre, mirad cómo corre Lázara!

Es bella, es alta, es esbelta, y cuando arrogante marcha,
un canastillo de flores en su cabeza gallarda,
los blancos brazos sobre ellas doblando con tanta gracia,
imaginara cualquiera ver a lo lejos un ánfora,
con sus asas de alabastro, sobre nuestras rotas aras.

Es joven y juguetona, y alegres canciones canta,
y huella con pies desnudos del lago la húmeda playa,
persiguiendo al leve insecto de alas brillantes y diáfanas;
y su falda replegando, los limpios arroyos pasa;
correr va y vuelve, y los pájaros dieran por sus pies sus alas.

Al espirar de la tarde, cuando se escuchan lejanas
las campesinas ovejas que al volver al redil balan,
aparece en la pradera donde el baile se prepara,
y todos la flor más bella ven en la flor que gallarda
de sus lustrosos cabellos prendió en las trenzas rizadas.

El pachá de Negroponto diera por la herniosa Lázara
sus navíos de tres puentes, sus cañones y bombardas,
de sus caballos las sillas, de sus ovejas las lanas,
y su turbante de seda con sus perlas y esmeraldas.

En verdad por ella diera sus adamasquinas dagas,
que por sus manos gastados tienen los puños de plata;
y sus pesadas pistolas, y su corva cimitarra,
y su rico carcaj de ororepleto de flechas tártaras.

Diera sus anchos estribos,los tesoros de sus arcas,
y el tesorero con ellos, que vigilante los guarda;
sus trescientas concubinas, sus fieles perros de caza,
sus tostados albaneses con sus luengas espingardas.

Diera todos los judíos y el rabino que los manda;
diera los francos, y el kiosko rojo y azul, y las salas
de los baños aromáticos, de mosaico embaldosadas;
y las torres formidables de su robusta alcazaba;
y su quinta de verano, que trasparentes retratan
las mansas ondas azulesdel mar de la Cirenaica.

¡Todo! hasta el caballo blanco que cual un tesoro guarda,
hasta la linda española que el dey de Argel le enviara,
y de la falda flotante, cuando su fandango baila,
los anchos pliegues bordados con dulce mano levanta.

Y de un clefto de ojos negros y no de un pachá es esclava;
es su señor y su amante, y no dió por ella nada:
porque un clefto sólo tiene en los manantiales agua,
ambiente libre en el campo, la carabina y la daga,
y su libertad errante en el bosque y la montaña.

Versión de Teodoro Llorente

 

Extase

J'étais seul près des flots, par une nuit d'étoiles.
Pas un nuage aux cieux, sur les mers pas de voiles.
Mes yeux plongeaient plus loin que le monde réel.
Et les bois, et les monts, et toute la nature,
Semblaient interroger dans un confus murmure
Les flots des mers, les feux du ciel.

Et les étoiles d'or, légions infinies,
A voix haute, à voix basse, avec mille harmonies,
Disaient, en inclinant leurs couronnes de feu ;
Et les flots bleus, que rien ne gouverne et n'arrête,
Disaient, en recourbant l'écume de leur crête :
- C'est le Seigneur, le Seigneur Dieu.

 

Éxtasis

A la orilla del mar yo estaba solo;
era una noche espléndida de estrellas;
bajo el límpido cielo ni una nube,
sobre la mar dormida ni una vela.
Mis ojos insaciables traspasaban
de ese horizonte vago las barreras,
y todo el universo, el monte, el valle,
las florestas oscuras, la alta peña,
en confuso murmurio, parecían
interrogar de la celeste esfera,
a la apacible lumbre y á las ondas
que abraza en su confín la mar inmensa.

La innumerable armada desparcida
de temblorosas, nítidas estrellas
- "¡el Señor!"-humildes murmuraban
bajo la viva luz de sus diademas;
y las azules ondas, perturbando
el solemne silencio de la tierra,
en lánguido crescendo respondían,
jugando con la espuma de sus crestas:
-"¡Es Dios... el Señor Dios! ¡En las alturas
gloría al que al mar con su poder sujeta!"-

Versión de José Ignacio Trujillo

 

Atlas

 Un jour au mont Atlas les collines jalouses

Dirent : - Vois nos prés verts, vois nos fraîches pelouses
Où vient la jeune fille, errante en liberté,
Chanter, rire, et rêver après qu'elle a chanté ;
Nos pieds que l'océan baise en grondant à peine,
Le sauvage océan ! notre tête sereine,
A qui l'été de flamme et la rosée en pleurs
Font tant épanouir de couronnes de fleurs !

Mais toi, géant ! - d'où vient que sur ta tête chauve
Planent incessamment des aigles à l'oeil fauve ?
Qui donc, comme une branche où l'oiseau fait son nid,
Courbe ta large épaule et ton dos de granit ?
Pourquoi dans tes flancs noirs tant d'abîmes pleins d'ombre ?
Quel orage éternel te bat d'un éclair sombre ?
Qui t'a mis tant de neige et de rides au front ?
Et ce front, où jamais printemps ne souriront,
Qui donc le courbe ainsi ? quelle sueur l'inonde ?-

Atlas leur répondit : - C'est que je porte un monde.

 

Atlas

Celosos los collados
al Atlas, el gran monte, así dijeron:
-« Vé que frescura ostentan nuestros prados
que los colores del Abril tiñeron;
a nuestra alfombra viene la doncella
a cantar y a reír, libre vagando,
o en dulce ensueño a adormecer la mente...
¡Ensueño hermoso y blando
como las flores que su paso huella!

Apenas murmurando
el Oceano besa nuestra planta,-
¡el trágico Oceano!-Nuestra frente
vé cuán serena al cielo se levanta,
las guirnaldas de flores ostentando
que abrir hicieron el ardiente estío
y las lágrimas puras del rocío.
¡Mas tú, coloso...! El águila salvaje
¿por qué se cierne así sobre tu frente?
Como el tierno ramaje
do una ave anida, ¿quién tu vasta espalda,
tus hombros de granito, en ruda curva
quién dobla así inclemente?
¿Por qué tantos abismos en tu falda?
¿Qué hórrida tempestad eternamente
con siniestros relámpagos conturba
tu desolada faz? ¿De qué nacieron
tantas nieves y arrugas en tu frente,
do nunca los Abriles sonrieron?
¿Por qué la inclinas, -¡dí!-meditabundo?»-

Y Atlas les dijo:-« Porque llevo un mundo. »-

Versión de Nicolás Pinzón W.

 

Los textos fueron tomados del sitio Web https://poemasenfrances.blogspot.com